MAIS OU SONT LES ASSOCIATIONS, LES ONG,

nos interlocuteurs politiques «  pour tout ce qui concerne l'asile et les migrations » ?

CRER - Coordination pour la régularisation et la libre circulation

Juillet 2007

La chambre de mise en accusation a refusé la libération de Mme Cajamarca et de sa fille Angelica ce 25 juillet 2007.

Comme beaucoup d’autres, quotidiennement, cette mère et son enfant devraient être expulsées !

Une mobilisation importante a été réalisée pour Madame et sa fille au nom de toutes les femmes, hommes, enfants, familles enfermés dans des centres fermés. 

Ces mobilisations ont permis de réactualiser la triste réalité des centres fermés et de l‘enfermement d’enfants. 

Malheureusement la justice et le Ministère de l'intérieur (Office des étrangers) maintiennent ses positions de POUVOIR et veulent faire un "exemple politique", pour qu’aucun sans papiers ne croie pouvoir être libéré par la solidarité citoyenne, par les efforts de leur avocat, par la décision du juge de la chambre du conseil qui avait ordonné la libération de la mère et de l’enfant ou même par la demande de libération du président de son pays d'origine "l'Equateur".

Le mot d’ordre de l’Office est  : DEHORS  et aucunes circonstances atténuantes ne peuvent être prises en compte. Nous étions là, collectifs de soutien et sans papiers. Madame Cajamarca, menottée, était escortée par un important dispositif policier. De qui fallait-il là protéger ??  Est-elle si dangereuse ??

L’Office continuera à faire des pressions physiques et psychologiques sur Madame et sa fille pour qu’elle accepte son expulsion quitte à lui proposer de l’argent (comme parfois) car cette politique d’expulsion doit être maintenue à tout prix. Ils ont décidé de ne pas plier, de faire un exemple et prennent en otage Mme Cajamarca et sa fille.

L’Office a déclaré la guerre aux sans papiers qui ont soutenu avec nous les revendications de toutes ces personnes, les nouveaux 150.000 esclaves du système, qui se font enfermer sans n'avoir rien fait de mal. Leur logique est de casser ces mouvements de sans papiers et de citoyens qui remettent en cause la politique d’immigration belge et européenne, de les décourager.

Peu d’ONG, d’associations ont bougé le petit doigt pour soutenir les appels des collectifs,  des sans papiers, des citoyens pour sauver cette famille. Par leur silence ils collaborent avec la politique d’immigration de l’office et acceptent qu’une famille soit prise en otage, expulsée vers un pays ou ils n’ont plus d’amis, plus de famille et séparée de leur réelle famille en Belgique.

Ces associations dont le mot d’ordre principal s’est réduit à l’humanisation de la politique d’immigration ne réagissent même pas quand il s’agit d’une famille en souffrance évidente.

Ces associations, ONG représentent la société civile face à notre gouvernement et ont un pouvoir énorme. Ils sont ceux qui nous représentent et qui peuvent faire changer les choses, influencer les décisions politiques belges.

Nous ne pouvons plus accepter que certaines associations et ONG, nos interlocuteurs politiques, payés pour nous représenter, gardent le silence face à des situations graves. Nous les appelons à revoir leurs positions et à prendre leur responsabilité, à soutenir, entendre, respecter les revendications, la parole des sans papiers et des collectifs sur le terrain.

Nous appelons les citoyens, les sans papiers à continuer à lutter pour la libération de Madame Cajamarca et pour la suppression des centres fermés avec ou sans les ONG et les associations qui nous représentent face au gouvernement.

CRER.