02 juin 2009
Au cinema !
24 mars 2009
Centres fermés
"LE NOUVEAU CARNETS NOIRS
DES CENTRES FERMES
EST ARRIVE !!!"
Parution N° 2 - 28 avril 2009
>> TELECHARGER ICI ;
http://www.lesdoigtsdanslacrise.info/docs/le_carnet_noir_2.pdf
Quelques informations nécessaires pour comprendre leur existence
et les faire bannir de notre société.
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06 janvier 2009
FEDASIL "Du moins pire au franchement pourri "
COMMUNIQUE DE PRESSE
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CRER – Coordination contre les Rafles, les Expulsions et pour la Régularisation
6 janvier 2009
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A l’occasion de sa tournée de Noël, la CRER s'est rendue, ce vendredi 2 janvier 2009, au centre ouvert de la Rue des Minimes (Bxl) recevant, depuis peu, demandeurs d’asile et personnes sans domicile fixe. Nous souhaitons vous faire part des conditions d' « accueil » qui sont réservées aux 50 familles (150 pers.) qui s’y trouvent actuellement.
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Le centre est une structure gérée par le CASU et investie, dans l’urgence, par FEDASIL qui, on le sait, ne dispose plus d'une capacité suffisante pour exécuter ses obligations d'hébergement. Le constat est choquant sur plusieurs aspects :
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- Le bâtiment est insalubre et aurait d’ailleurs dû être détruit.
- Les personnes sont entassées dans des pièces vides et exiguës.
- Le personnel est presque inexistant. Seuls deux travailleurs sociaux se relayent pour assurer l'ensemble des tâches logistiques et matérielles nécessaires à la maintenance du centre et à l’encadrement de ses 150 résidents !!! (accueil, secrétariat, nourriture, sécurité, dispatching dans les autres centres Fedasil…).
- La nourriture est distribuée de manière aléatoire et en quantité très limitée.
- Aucun accompagnement social et psychologique n’est organisé.
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Par ailleurs, nous avons tout spécialement été interpellés par la situation de la famille Darmik. Mardi dernier, ils ont reçu un avis négatif à leur demande d’asile. Depuis lors, et jusqu'à l'enregistrement du recours auquel ils ont droit et qu'ils ont immédiatement introduit, ils ne bénéficient plus de l’aide médicale urgente. Ce « détail de procédure » a des conséquences vitales pour eux puisque l’aide leur est indispensable pour nourrir leur petite fille de 3 mois qui est malade. Celle-ci ne peut prendre que du lait en poudre NUTRILON 1 anti régurgitation, lors de notre visite la famille n’avait plus de lait que pour le jour même !
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Le « seul » travailleur social présent sur place nous a déclaré avoir essayé de trouver une solution avec ses responsables et même ailleurs sans aucun résultat.
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Peut-on encore considérer que FEDASIL, dans un pareil cas, honore son devoir légal auprès des résidents des centres ouverts et des travailleurs sociaux qui font de leur mieux avec ce qu’on veut bien leur octroyer?
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Au regard de ces faits, nous invitons journalistes, parlementaires et associations à se rendre sur place afin d’observer par eux-mêmes la sévérité des conditions évoquées et l’inertie dont le Ministère de l’Intégration Sociale et son administration FEDASIL font preuve dans l’exécution de ses obligations, à savoir l’accueil et l’assistance des demandeurs d’asile.
Les dissensions au sein de la majorité gouvernementale concernant la circulaire sur l’immigration ne peuvent justifier les souffrances et conditions de vie inhumaines imposées aux milliers de personnes. Celles-ci se retrouvent victimes d’une loi et une procédure d’asile qui ne fonctionnent pas et attendent la mise en place des accords politiques sur la régularisation déclarée par le gouvernement au mois de mars 2008.
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Pour plus d'informations ou si vous souhaitez réagir, contactez-nous à l’adresse ou au numéro indiqué ci-dessous.
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La CRER ,
Mail : Coord100papiers@hotmail.com
Tél : 0477/59.19.45
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17 décembre 2008
On arrive près de chez vous !
La CRER se dote d’un nouveau visage, et remet en place une permanence de soutien destinée aux étrangers en difficulté vivant en Belgique.
La coordination regroupe aujourd’hui des personnes venant d’horizons divers mais qui se positionnent toutes en faveur du principe de libre circulation des personnes, contre les expulsions, l’existence de centres fermés et en faveur de la régularisation de toutes les personnes sans papiers.
Nous avons choisi d’agir dans la mesure de nos moyens : l’objectif de la permanence est de créer une structure d'aide aux sans-papiers, de leur fournir une information générale sur leurs droits et les procédures, et de jouer un rôle de relais entre ces personnes et les structures spécialisées existantes. Notre souhait est donc de nous inscrire comme soutien supplémentaire parmi les nombreuses associations actives, de venir en aide à ces dernières si elles en éprouvent le besoin, et de multiplier, dans la mesure du possible, les interactions et collaborations.
Concrètement, nous serons présents à Ixelles rue de l'Athénée 10 dès ce lundi 1er décembre 2008, et ce tous les lundis et jeudi soirs, entre 18h30 et 21h30.
Nous sommes également joignables par courriel au coord100papiers@hotmail.com et par téléphone au 0477 59 19 45
Aux prémices de nos activités, nous serions très heureux de vous rencontrer et de réfléchir ensemble aux moyens d’action.
Pour la CRER ,
Céline, Ann Laure, Thomas, Matthieu, Mateo, Oscar, Jeanne, Laurence.
16 novembre 2008
Analise de la politique d'immigration
De la vache à lait, du bouc émissaire et du grand méchant loup
Noël 2006. Les autorités marocaines attestent une fois de plus de la « manière exemplaire dont le Maroc traite les réfugiés subsahariens »[1] en déportant vers sa frontière algérienne, plusieurs centaines d’hommes, de femmes et d’enfants pris dans les filets de rafles nocturnes dans différentes villes du pays dont la capitale Rabat.
Ces rafles, qui ne sont pas sans rappeler les pages noires d’une ère que l’on voudrait révolue, ont pour justification officielle les engagements marocains vis-à-vis de l’Union Européenne. Il est en effet loin le temps où, en 1992, le Parlement Européen refusait de confirmer l’aide européenne à destination du Maroc au motif du non-respect des droits humains dans le royaume alaouite.
Aujourd’hui l’Europe, une fois encore, se discrédite par l’application à géométrie variable de ses valeurs civilisationelles, bien que les déclamant universelles et inaliénables, en sous-traitant à des régimes non-démocratiques la répression des flux migratoires, contribuant par ailleurs à fragiliser les quelques avancées en matière de modernité politique de ces pays par la légitimation et le financement de leur appareil répressif.
Ainsi dans le cas du Maroc, l’UE n’hésite pas à détourner le principal outil de coopération financière du partenariat euro-méditerranéen[2] de sa vocation première, à savoir le développement économique et social du pays, en le subordonnant à l’engagement marocain de jouer un rôle de premier plan dans la répression de l’immigration. Ce faisant, le Maroc ouvre les yeux sur une population qu’il n’avait jamais daigné considérer et qui se terre dans les interstices de sa société, population déshabillée de toute protection de fait ou de droit et, en conséquence, livrée à toutes les exploitations.
Pourtant, le Maroc, dont l’une des principales ressources économiques est le rapatriement de devises de ses émigrés, est bien peu crédible dans son rôle de chien de garde de l’Europe.
Les migrants subsahariens ne représentent qu’une fraction négligeable (0.05%) d’une population marocaine dont 10% (!) vit à l’étranger, en conséquence de raisons, tantôt politiques, le plus souvent économiques. Malheureusement, cette part non négligeable de la population marocaine qui réside à l’étranger et dont la conscience sociale s’est forgée au contact de l’exclusion et du racisme n’a pas immunisé, loin s’en faut, le royaume chérifien de la xénophobie. En effet, le racisme à l’égard des étrangers, dès lors qu’ils sont pauvres, s’exprime aujourd’hui de manière virulente dans toutes les strates de la société marocaine, bien que fermement dénoncé par nombres d’acteurs associatifs, académiques et politiques locaux.
Fondamentalement, les quelques 15 000 réfugiés subsahariens qui survivent tant bien que mal au Maroc se retrouvent au cœur d’un enjeu qui dépasse la question de leurs droits et dignité pour nous interpeller tous directement, nous, citoyens du Maroc et d’Europe, sur notre ordre social et sa légitimation.
En effet, il est entendu que l’Europe ne peut accepter « toute la misère du monde » et que l’Afrique doit porter sa part du fardeau migratoire. C’est donc au nom de la sauvegarde de leur modèle social que les démocraties européennes rappellent qu’elles ne peuvent être plus hospitalières et généreuses que de raison. Face à l’invasion de la misère du monde, l’Europe se doit d’avoir une politique migratoire ferme mais humaine. Qui pourrait lui contester ce droit d’ailleurs repris en cœur tant par la gauche européenne que maghrébine ?
Toutefois, derrière l’apparence pernicieusement péremptoire de cette manière de cadrer la question de l’immigration se cache le caractère hautement idéologique de sa représentation. Il suffit pour s’en convaincre d’en confronter notre perception à quelques données quantitatives qui font, bien trop souvent, cruellement défaut dans ce débat.
Ainsi, les statistiques soulignent que seul 1% du total des demandeurs d’asile et des réfugiés dans le monde s’installe en Occident, à peine 0.05% en Europe. Le vieux continent est donc particulièrement mal placé pour rappeler le reste du monde à son devoir de solidarité, au contraire des pays paupérisés qui supportent la quasi-totalité du « fardeau migratoire » en tant que principales destinations d’immigration.
Par ailleurs, si l'immigration en provenance de l’Afrique subsaharienne est quantitativement peu significative (moins de 3% du total du flux migratoire annuel vers l'Espagne), elle n’en est pas moins fortement médiatisée. Il en est de même pour l’immigration en général, présentée dans les pays de l’Union Européenne comme une menace pour son ordre social alors qu’elle ne pèse pas même pour 1% de sa population totale.
Comment dès lors expliquer qu’une portion si infime « de la misère du monde » effraye à ce point les responsables européens au point de devenir un élément central de leur communication politique tant à destination de leurs voisins du pourtour méditerranéen que vis-à-vis de leur propre opinion publique?
L’analyse de la politique migratoire belge, pays au cœur de l’UE et siège de ses principales institutions, permet d’apporter des éléments de réponse qui peuvent être étendus aux principaux pays européens. En effet, bien avant le Maroc, la Belgique s’est lancée dans une politique de répression et de criminalisation de l’immigration clandestine et ce, alors que les personnes d’origine non-européenne ne représentent que 2% de sa population active[3] et l’immigration clandestine moins de 1% de sa population totale. De plus, si l’on prend la perspective des flux migratoires, le solde migratoire des non-Européens est en 2002 d’un peu plus de 30 000 personnes… du même ordre, à l’échelle de la population belge, que le nombre de Belges qui ont choisi cette année-là de quitter leur pays pour s’installer à l’étranger.
La politique migratoire belge, incarnée par les centres fermés[4] présentés par Bruxelles comme la « clé de voûte » de sa « politique d’immigration », prétend participer d’une gestion efficace et humaine des flux migratoires. Cependant, les statistiques attestent de la fonction purement symbolique de ces centres qui sont autant de zones de non-droit au sein même d’un État qui se veut démocratique.
En effet, pour l’année 2000, près de 450 personnes ont été détenues dans ces centres, à savoir moins de 0.5 % du nombre de sans-papiers estimés vivre sur le territoire belge, dont la moitié environ a été relâchée dans l’année, et priée de quitter le territoire endéans les 5 jours, se retrouvant ainsi livrée de fait au marché du travail clandestin. Seule une minorité des personnes incarcérées dans les centres fermés est effectivement expulsée du territoire. Les statistiques les plus récentes confirment que plus de 90% des déboutés du droit d’asile ne sont pas expulsés du territoire belge. En réalité, bien plus qu’à expulser, ces centres fermés ont pour principal objectif de donner l’illusion de la mise en application d’un discours idéologique qui vise, avant tout, à rassurer l’électeur par rapport à l’étranger préalablement représenté comme prédateur, tout en participant de la criminalisation de cet étranger, étape indispensable à son intégration et à sa ségrégation dans le marché du travail clandestin.
Ce travail clandestin est au cœur de notre dynamique de production de « richesses ». Il est en effet le pendant de la délocalisation de nos processus de production, c'est-à-dire de l’émigration de nos personnes morales, dans les pays à moindre normes salariales et environnementales. Cette exploitation de « la misère du monde », qui consiste à mettre en compétition les cadres et niveaux de vie de l’humanité, déstructure les économies locales et condamne les pays paupérisés à des «normes » sociales incompatibles avec l’émergence de sociétés démocratiques, ce qui en retour favorise cette émigration qui ne devient soudainement visible pour l’Europe que lorsque cette émigration se transforme en (problème de) l’immigration.
Puisqu’il n’est pas toujours possible de découpler géographiquement notre consommation de sa production, l’exploitation de la « misère du monde » n’est alors possible qu’en délocalisant « sur place », c’est à dire en recourant au marché du travail clandestin que la demande structurelle de l’économie européenne génère automatiquement par les conditions de travail illégales qu’elle impose dans des secteurs tels que le bâtiment, l’horeca, les soins à domicile, le travail domestique ou l’agriculture saisonnière pour ne citer que ces derniers.
Par ailleurs, la délocalisation « sur place » permet à nos économies de bénéficier de toute une série d’avantages qui vont du soutien de notre pouvoir d’achat[5], au soutien de la production (et donc l’emploi) locale (via le recours à la sous-traitance de segments de production connexes), en passant par l’économie de dépenses sociales et éducatives (personnes formées à l’étranger, notamment) ou encore la consommation des travailleurs « clandestins ».
Ainsi, pour ne prendre que l’exemple du travail domestique dans la région de la Vénétie (Italie), le recours aux aides à domicile extra-européens, disponibles 24h sur 24h, fait gagner au budget public vénitien plus de 180 millions d’euros par an - environ un quart de l’aide au développement annoncée en 2006 par la Belgique ! - en lui faisant économiser les frais de construction de maisons de retraite et de formation du personnel soignant. En Espagne, la grande majorité des travailleurs domestiques est étrangère, originaire en grande majorité d’Amérique du Sud. Au niveau européen, jusqu’à 80% des employés de maison travaillent dans des conditions illégales.
Nous, citoyens des pays riches - pour ne pas dire pays enrichis - profitons tous de cette exploitation de la misère du monde, qu’elle se fasse sous nos toits ou plus loin de nos yeux, lorsqu’elle est le fait de nos personnes morales émigrées, attirées par cette misère si profitable générant des surprofits plantureux et inédits dans l’histoire. Effectivement, seule une partie négligeable de la valeur de notre production délocalisée rémunère le travail et les matières premières des pays paupérisés. L’essentiel de cette valeur irrigue notre économie et les différentes strates de notre société à des degrés divers.
Exploitée économiquement, la misère du monde, ou le sans-papier qui n’est qu’une de ses représentations, l’est tout autant idéologiquement.
En effet, reprenant le rôle du bouc émissaire traditionnellement dévolu dans toute société en crise à sa caste d’intouchables et de parias, il peut avantageusement être représenté sur le plan politique comme la cause exogène de la détérioration de notre niveau de vie et une épée de Damoclès menaçant en permanence nos acquis sociaux.
Dans cette perspective, la mise en spectacle et l’exploitation médiatique de l’expulsion d’une très faible proportion des sans-papiers (rappelons qu’en Belgique, la grande majorité de ces derniers est, de fait, condamnée à vivre dans la clandestinité) ne peut prétendre, contrairement à ce que déclament nos dirigeants, d’une politique de gestion des flux migratoires. Ce qui rend d’autant plus inacceptables les multiples violations des droits humains qui déshonorent la Belgique et pour lesquelles elle fut quelques fois condamnée par la communauté internationale ainsi que par sa propre opinion publique comme dans le cas de la mise à mort de Samira Adamu, étouffée lors de son rapatriement forcé en 1998. Ainsi, comment accepter d’un point de vue moral et éthique que des hommes, des femmes et des enfants soient détenus et humiliés dans ces centres à seul fin de propagande politique… à destination de notre opinion publique[6].
Force est de conclure que les centres fermés n’ont qu’un rôle symbolique et qu’ils ne sont donc, par conséquent, mobilisés que pour la production d’une communication politique, à destination de l’électeur belge, qui n’est autre qu’une version lissée du crédo de l’extrême-droite : « dormez tranquilles bonnes gens, nous veillons sur vous et vous protégeons de la menace de l’altérité sur notre ordre social, source de tous nos maux ».
Grassement valorisée, la misère du monde offre un autre avantage d’importance : celui de légitimer la gestion de notre société par l’austérité et le détricotage subséquent de nos acquis sociaux. En effet, mis en compétition ici et là-bas avec la misère du monde, qui oserait refuser au capital les privilèges et sacrifices grandissants que ce dernier réclame pour prix du renom à sa liberté, entendue comme allant de soi en ce qui le concerne, de migrer (délocaliser) sans entrave ou contrôle aucun?
Dans le cadre d’une gestion par l’austérité de notre société, accompagnée d’une précarisation généralisée de l’emploi, représenter l’étranger comme une menace pesant sur notre sécurité (emploi, sécurité sociale, etc) tout en organisant son exploitation et en le mettant en compétition avec les travailleurs indigènes est non seulement inacceptable d’un point de vue éthique et morale mais surtout totalement inconscient au regard de notre histoire contemporaine. Est-il besoin de rappeler que l’une des plus importantes formations politiques belge (en termes d’électorat) est fasciste ? Que l’extrême-droite est un challenger politique redouté dans de nombreux pays européens quand elle n’est tout simplement pas associée au pouvoir?
Par ailleurs, il est tout aussi inacceptable de confier à des pays comme le Maroc, la fonction de « régulateur » de l’offre excédentaire de main-d’œuvre « clandestine » par rapport à la demande constitutive de la délocalisation « sur place ». Il convient de rappeler que, si la Belgique comme l’UE ne peuvent prétendre avoir une réelle politique migratoire, se contentant de communiquer sur la question à destination de leur opinion interne, il en est tout autrement des pays comme le Maroc ou la Lybie qui acceptent la sous-traitance de la répression effective de l’immigration. En effet, dans ces états non-démocratiques, les candidats à l’immigration s’exposent non seulement à toutes les formes d’aliénations mais doivent en outre subir une répression féroce d’appareils d’état dont la survie n’est due qu’à leur habilité à réprimer toutes contestations sociales ou politiques qu’ils ne peuvent contrôler. Ainsi par exemple, ils sont des milliers d’hommes et de femmes, dont 6 000 Marocains, à croupir dans les geôles libyennes dans des conditions moyenâgeuses en attendant un hypothétique jugement ou le rachat de leur liberté par leur famille.
Au Maroc, combien d’autres sont morts dans l’incendie par l’armée de la forêt de Ben Younesch, près de Melilla, espace naturellement toléré, dans un premier temps, pour le « criquet noir » ? Combien ont été violés lors des déportations collectives vers le Sahara ou la frontière algérienne du nord marocain dans des conditions - notamment climatiques - peu clémentes ?
Comment oser penser que les centaines de personnes relâchées menottées dans le désert aient une quelconque chance de survie ? Dans quel état se trouvent les centaines de personnes honteusement raflées, à la veille de Noël 2006 pour mieux les soustraire aux regards des observateurs internationaux et des consciences marocaines ? …
Les quelques chiffres relayés par la presse internationale attestent qu’il s’agit bien pour ces pays d’une véritable politique de répression aveugle et massive des migrants africains en violation de tout cadre légal tel que la Convention de Genève relative aux réfugiés pourtant ratifiée par des pays comme le Maroc ou l’Algérie. Ce que l’Europe ne peut tolérer chez elle sous peine de voir s’effondrer les fondements de l’état de droit, elle le délocalise dans les pays du Maghreb en poussant, parfois, la schizophrénie jusqu’à s’indigner du sort que ces derniers réservent à ceux qu’elle appelait autrefois le bois d’ébène.
N’est-il pas temps pour les citoyens marocains de comprendre que la condition des migrants subsahariens est un excellent indicateur de l’évolution vers l’Etat de droit tant attendu ? Qu’elle est un gage du respect de leurs droits économiques et sociaux ? Qu’on ne peut prétendre au développement économique et à la modernité politique en se désolidarisant de son environnement régional ? Qu’on ne peut se revendiquer pleinement décolonisé et subordonner le contrôle de ses frontières et d’une partie de sa politique intérieure à l’agenda de ses voisins européens ?
N’est-il pas urgent pour les citoyens européens de refuser la mise en compétition avec la misère du monde et de comprendre que la meilleure manière de préserver leur niveau de vie est de l’exporter en payant équitablement les matières premières et le travail que nous « importons » sous ses formes diverses[7]?
Mis en concurrence avec des « sans-droits », combien de temps les citoyens européens pourront-ils préserver les leurs?
N’est-il pas temps de comprendre que la défense de nos acquis sociaux passe par la protection des plus fragilisés d’entre nous ? L’intérêt bien compris n’impose-t-il pas l’alliance objective avec les victimes de notre ordre socio-économique?
La solidarité ou la violence comme base du rapport à l’autre ? Telle est la question qui est au cœur du débat sur l’immigration et sa régularisation.
Souhail Chichah
Ingénieur de Gestion et Maitre en Economie
Solvay Brussels School of Economics and Management
[1] Déclarations faites par M. Boufous, Secrétaire Général du Ministre de l’Intérieur, en présence du Ministre de l’Intérieur marocain M. Ben Moussa lors d’un débat avec Al Monadara à Rabat en 2006.
[2] Le programme MEDA instauré par la conférence de Barcelone. Lancé en 1995, le programme MEDA est défini par l’UE comme « le principal instrument financier de l'UE pour la mise en œuvre du partenariat euro-méditerranéen et de ses activités. L'appui qu'il fournit à ces pays permet d'atteindre trois objectifs: renforcer la stabilité politique et la démocratie dans un espace commun de paix et de sécurité; créer une zone de prospérité économique partagée et soutenir la création d'une zone de libre-échange entre l'UE et les partenaires méditerranéens d'ici 2010; établir des liens plus étroits entre les peuples de ces pays par l'intermédiaire de partenariats culturels, sociaux et humains. ».
[3] La ségrégation des personnes d’origine extra-européenne, même naturalisées, dans les segments d’activités les plus précarisés et la discrimination dont ils sont victimes sur le marché du travail belge ne sont plus à établir. Il en est de même dans les principaux pays européens.
[4] Centres de rétention en France.
[5] Grâce au salaire au rabais du travailleur « clandestin », ce qui joue également en faveur des employeurs dans la mesure où ils améliorent « illégalement » notre salaire réel sans porter préjudice à la rentabilité du capital.
[6] Et non pas, comme d’aucuns prétendent, à destination des sans-papiers. Que pèse en effet la crainte d’être détenu en centre fermé comparé au calvaire de l’émigration clandestine ?
[7] Délocalisation de nos processus de production, délocalisation « sur place », immigration sélective et autres « body shopping ».
13 novembre 2008
Manif a Anvers !
La CRER se joint à l'appel du 14 décembre à Anvers et vous invite à faire de votre mieux pour soutenir cette action !!
Des cars sont prévus pour aller à Anvers. Si vous souhaitez réserver une place n'hésitez pas à nous le faire savoir afin de vous mettre en contact avec les responsables.
CRER
(Coordination contre les Rafles, les Expulsions et pour la Régularisation)
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Dimanche 14 décembre: Qui fait des promesses doit les tenir!
A Anvers ce 14, nous exigeons l'application de l'accord de gouvernement
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La manifestation commence le dimanche 14 décembre à 14h. sur le'Mechels plein'.
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Depuis 3 ans, les “sans papiers” de ce pays demandent une solution urgente à leur problème. Malgré qu'ils ne peuvent pas être ici, beaucoup d'entre eux ne veulent/peuvent pas retourner dans leur pays d'origine.
Parce qu'entretemps, ils sont ici depuis si longtemps; qu'ils sont bien intégrés et que leurs enfants vont à l'école.
Parce que la situation dans leur pays est encore dangereuse ou parce qu'ils n'ont plus rien vers quoi retourner.
Sans papiers, ils sont cependant ici dans la plus grande incertitude juridique: ils ne peuvent pas travailler, n'ont pas droit à une aide, peuvent être renvoyés à tout moment...
Beaucoup d'entre eux sont victimes d'exploitation: travail au noir à des salaires de misère, marchands de sommeil ou pire....
Pourtant, beaucoup d'entre eux veulent contribuer activement à notre société.
La régularisation de ces personnes – l'octroi d'un titre de séjour – serait une solution pour bon nombre d'entre eux. Pas de régularisation collective: donner des papiers sur base de critères clairs et bien pesés.
Cela, le politique l'avait aussi compris: il a fait des promesses à ce propos aux personnes sans papiers et au monde associatif qui soutenait cette revendication.
Pour commencer, une régularisation devait venir après les élections communales d'octobre 2006. Ensuite, le dossier a été reporté à après les élections fédérales de mai 2007 puis il y a eu la difficile formation du gouvernement. Enfin, un accord de gouvernement est quand même arrivé en mars 2008 dans lequel la promesse de régulariation a été répétée.
Celle-ci allait concerner les personnes qui attendaient depuis longtemps une réponse définitive. Pour ceux qui sont bien intégrés ici. Et pour ceux qui, s'ils avaient des papiers, trouveraient sirectement un travail.
La Ministre Turtelboom a promis une circulaire – qui allait régler cela en grande partie – pour mai 2008.
Ce délai n'a pas non plus ét respecté parce que le gouvernement voulait d'abord un accord sur d'autres thèmes liés aux migrations.
Tout a donc de nouveau été remis aux calendes grecques.
Le dernier délai que le politique s'est lui-même imposé était le 14 octobre 2008.
Mais rien n'a été obtenu à cette date non plus parce que gouvernement voulait d'abord un accord sur d'autres thèmes liés à l'immigration.
Les ministres compétents se sont séparés en se disputant .... donc le seul accord a été sur le fait qu'il n'y avait pas d'accord possible.
Donc la crainte de beaucoup est que, malgré les nombreuses promesses, il n'y ait pas de régularisation.
Nous, milieu associatif anversois, voulons réagir à cela : nous appelons à une manifestation à Anvers le dimanche 14 décembre.
Parce que les promesses doivent être tenues. Un gouvernement démocratique ne peut pas se permettre d'anesthésier des personnes pendant 3 ans à coups de promesses finalement non tenues.
L'accord de gouvernement prévoyait une solution; est-il donc déraisonnable d'espérer que vienne une solution?
Parce que la régularisation commence à devenir une question d'oppositions communautaires, la Wallonie voudrait une régularisation collective et la flandre pas ...
Ceci est inexact.
Les partisans de la régularisation – en Flandre et en Wallonie – demandent simplement une régularisation bien pensée selon des critères clairs.
En outre, la contradiction concerne surtout le type de politique que l'on veut mener en matière de migration: une politique sociale ou conservatrice?...
Les media couvrent largement les grèves de la faim et les occupations de grue mais le pourquoi est souvent oublié. Les personnes à qui on fait des promesses que l'on ne tient jamais se livrent à des actes désespérées. Outre les grévistes de la faim, il y a ausi un groupe de persoones bien plus nombreuses. Des personnes qui n'osent pas entreprendre d'actions mais se contentent d'attendre apeurés. Espérant une solution rapide. Les gens sont malades de stress. Les gestes de désespoire sont chaque fois plus radicaux. attendre davantage est impossible.
Nous plaidons pour une solution rapide et réelle. Parce que les promesses doivent être tenues.
Signé: Haven vzw
18 octobre 2008
NON aux expulsions !!
Empéchons une déportation !
Monsieur TOURE Aboubacar est originaire de Côte d'Ivoire, il est prisonnier au centre fermé de Merxplas, ses compagnons d'infortune nous demandent d'intervenir parce que Monsieur TOURE va être expulsé ce dimanche 19 octobre alors que le Tribunal avait ordonné sa mise en liberté, l'Office des Etrangers ne l'a pas libéré et veut le renvoyer dans son pays.
Le vol prévu est ce dimanche 19 octobre 2008 à 12 h vers Abidjan via Monrovia SN 245.
Nous ne disposons plus d'une adresse mail pour SN seulement de leur fax : 02/723.35.99.
Appel à présence à Zaventem ce dimanche à 10 h pour parler aux passagers de ce vol.
Merci pour lui.
J. Chevalier
www.cracpe.tk
12 octobre 2008
14 octobre Manif !
Rassemblement ce mardi 14 octobre 2008 au rond-point SCHUMAN à 16h devant les institutions de l’Union Européenne
Yves Leterme, Premier Ministre Belge, a annoncé que ce 14 octobre la question de l’immigration serait à l’ordre du jour dans sa nouvelle déclaration politique. Après 7 mois d’attente nous restons sceptiques sur ces résultats.
En mars 2008 le Premier Ministre Belge Yves Leterme a déclaré la régularisation des sans papiers sur base de trois critères:
- Les longues procédures d’asile (depuis 4 ans en Belgique pour les familles et 5 ans pour les célibataires additionnant la procédure d’asile, le recours au conseil d’état ou une demande de régularisation 9.3)
- Avec un contrat de travail ou en tant qu’indépendant (toutes les personnes arrivées en Belgique avant le 31 mars 2007 recevront une carte provisoire de 6 mois laquelle sera renouvelée avec un contrat de travail ou les statuts d’indépendant)
- L’ancrage local ou « Intégration » (pour toutes les personnes arrivées depuis longtemps en Belgique, avec des enfants, maîtrisant les langues nationales, des recommandations du bourgmestre de leurs communes, etc.)
Malheureusement la nouvelle ministre de l’immigration Annemie Turtelboom (droite flamande VLD) refuse de mettre cette décision politique en place.
Elle déclare que des négociations sont en cours pour trouver un accord, mais un accord pourquoi ??? Puisque le gouvernement a déjà déterminé les critères de régularisation et que l’accord a été signé au mois de mars!!
Annemie Turtelboom nouvelle « ministre de l’immigration » détient des milliers de personnes en otage sous le prétexte d’une négociation qui traîne depuis des mois, laquelle n’a servi jusqu'à présent qu’à ajouter de nouvelles conditions pour accéder à la régularisation:
- Prouver un séjour légal en Belgique (absurde si vous êtes sans papiers !!)
- Un système de 70 points à rassembler pour être régularisé (aucune chance à moins de faire preuve d’une intégration parfaite : enfants scolarisés, avoir un travail déclaré dans un métier en pénurie, parler le néerlandais, etc.)
Ces décisions réduisent les chances de régularisation pour des milliers de personnes, deux critères bien distincts de l’accord du mois de mars celui de l’intégration et du travail sont fusionnés pour n’en faire qu’un seul avec un systeme à points!
Nous refusons ces négociations au rabais et les nouvelles conditions de la circulaire à points de Turtelboom car elle exclut des milliers de personnes!
Au niveau Européen les chefs d'état de 27 pays de l’Union vont se réunir ces 15 et 16 octobre pour ratifier le "Pacte Européen sur l'Immigration et l'Asile".
Inspirés par l’exclusion des indésirables du sud, ces accords continuent à construire une véritable Fortesse Eurpéenne avec des directives politiques à suivre comme celle dénommée « RETOUR » qui prévoit, entre autres, l’expulsion de 12 millions de personnes du sol Européen à partir de 2010, légalise l'emprisonnement des enfants (18 mois !!) dans les centres fermés pour étrangers!
Nous avons donc voulu joindre dans notre rassemblement de ce 14 octobre les deux maillons d’une chaîne directement liés dans ces décisions politiques tant au niveau national qu’au niveau Européen.
Premiers signataires:
RESF 38 Reseau Education Sans Frontieres - Armand SOLER - France
SOS SOUTIEN AUX SAPIERS - France
Quotidien des sans-papiers - France
De Ketelpatrouille vzw - Frank Cool - Belgique
Radio Campus Bruxelles - Déborah Fabré - Belgique
L'Envers du Décor asbl - Pascale Ramet - Belgique
Mouvement Citoyen Palestine - Nordine Saïdi - Belgique
Forum Social de Bruxelles - Ben Ammar Raouf - Belgique
UAG Une Autre Gauche - Cristina Gay - Belgique
CRER - Coordination contre les Rafles, les Expulsions et pour la Regularisation
ETOPIA - Suzanne Mousset - Belgique
L'Union des Femmes Libres pour l'Egalité des Droits asbl - Boudida Naima - Belgique
CRACPE Collectif de Résistance Aux Centres Pour Etrangers - France Arets - Belgique
Selma Benkhelifa - Avocate Progress Lawyers Network - Belgique
HISPANO BELGA Service Sociale - Ivan SALAZAR - Belgique
Collectif de Verviers pour le soutien des Sans-Papiers - Marie-Noëlle Leloup - Belgique
Marie Nagy - Députée Honoraire / Conseillère communale à Bruxelles-Ville - Belgique
Kinderen Zonder Papieren vzw - Jozef Hertsens - Belgium
Comite pour une autre politique - Raouf Ben Ammar - Belgique
LCR, Ligue Communiste Révolutionnaire - Ataulfo Riera - Belgique
Michel Collon - Journaliste - Belgique
Evelyne Van Meesche - Belgique
Nadine Rosa-Rosso - Rassembler les résistances - Belgique
Marie-Ghislaine Stoffels - Belgique
El khoury renee - Belgique
Saïdi Nordine - administrateur MRAX - Belgique
Karim Hassoun - LAE - Belgique
Pamela Delard - Belgique
Vanden Bemden Isabelle - membre du parti écolo - Belgique
Nathalie Fessol - participante à RESF en Belgique
Joelle Baumerder - Directrice de la Maison du Livre - Belgique
25 septembre 2008
Mateo Alaluf
Jusqu’où les sans-papiers payeront-ils la lâcheté du gouvernement ?
mercredi 24 septembre 2008, 11:12
J’ai décidé depuis le début des années 1970 de soutenir la cause des migrants illégaux, que l’on appelait alors clandestins et maintenant sans-papiers. Il y eut à l’époque aussi des manifestations et des grèves de la faim pour obtenir la régularisation ainsi qu’un « statut », comme on disait alors, pour les « travailleurs étrangers ». Le résultat fut la première opération de régularisation en 1974 et la loi de 1981, dite loi Moureaux, sur l’accès au territoire et le séjour des étrangers. En même temps que la régularisation des « clandestins », on avait décidé à l’époque, en raison de la crise et du chômage, l’arrêt de l’immigration, à l’exception de certaines catégories d’étrangers.
Depuis lors cependant, paradoxalement, la migration n’a cessé d’augmenter alors que la législation se faisait de plus en plus restrictive. La diminution de l’immigration légale a été en fait largement compensée par l’immigration illégale. La fonction latente de cette législation est apparue ainsi au grand jour. Contrairement à ses intentions affichées, elle ne sert pas à empêcher les migrants de venir. Son effet n’est donc pas quantitatif mais qualitatif. En accédant au territoire, les migrants deviennent des illégaux. Leur fragilité administrative les expose aux dénonciations. Privés de droits, ils sont soumis à tous les arbitraires et sont susceptibles d’être arrêtés à tout moment. Ainsi se constitue un inframarché du travail dans lequel œuvrent des salariés sans droits qui réunit les conditions, de ce que l’anthropologue Emmanuel Terray appelle la « délocalisation sur place ». Puisque toutes les activités, comme celles du bâtiment et des travaux publics, de l’hôtellerie et de la restauration, du nettoyage et des services aux personnes ne peuvent être délocalisées, les sans-papiers peuvent y pourvoir sur place aux conditions de travail et de salaire du tiers-monde.
Prendre position consiste en conséquence à agir avec les sans-papiers pour faire reconnaître leur droit au séjour. Cette liberté d’aller et venir est profondément ancrée dans l’esprit des migrants d’aujourd’hui. Ce droit fondamental de la personne humaine est aussi le plus ancien des droits qui précède les droits politiques et sociaux. Il y a sans doute les principes et les modalités de son application. On ne peut sans doute pas ouvrir purement et simplement les frontières. Encore ne faut-il pas fermer les yeux alors que des personnes sont en train de se laisser mourir dans notre quartier, notre ville, près de chez nous.
Le monde a changé depuis les années 1970. Les capitaux, les biens, les services, l’information circulent sans entraves. Qui peut encore penser que l’on peut assigner sur place des populations, surtout lorsqu’elles sont décimées par des guerres, des catastrophes ou des famines ? En Belgique, depuis l’accord politique de l’Orange bleue, ensuite du gouvernement Verhofstadt et enfin du gouvernement actuel, des promesses ont été faites à des migrants en grève de la faim. Sous l’effet de promesses et d’espoirs chaque fois déçus, la grève de la faim est devenue le seul critère de régularisation. Beaucoup de sans-papiers pris dans cette tourmente folle ont déjà détérioré leur santé physique et parfois mentale à tout jamais. D’autres risquent chaque jour leur vie. Ils se heurtent pourtant à un mur.
Pourtant, toutes les études, celle réalisée récemment à propos de l’opération de régularisation de 1999-2000 en Belgique, comme celles menées à l’étranger, témoignent de ses effets positifs en termes d’intégration sociale et professionnelle. L’Espagne est à cet égard exemplaire. De 1995 à 2005, l’Espagne a accueilli 3,3 millions de migrants. Le gouvernement de M. Zapatero, malgré les critiques acerbes de son opposition de droite, comme des mises en garde de ses voisins français, a procédé en 2005 à la régularisation de 600.000 migrants illégaux. Pendant cette période, l’économie espagnole a connu une croissance particulièrement élevée, le taux de chômage a baissé de 18 à 8 % et le déficit de la sécurité sociale a été divisé par deux.
Le gouvernement se ligote lui-même dans un Etat qui perd sa substance. Pris en tenaille par la crise financière mondiale d’un côté et la crise communautaire de l’autre, il ne parvient pas à répondre à la diminution du pouvoir d’achat et à l’appauvrissement d’une fraction de la population. Comme aux pires moments de l’histoire, la fermeté affichée à l’égard des sans-papiers, de ceux qui sont précisément privés de tout droit, paraît le moyen le plus commode d’affirmer sa souveraineté. Au prix bientôt de combien de morts ?
Mateo Alaluf Professeur à l’ULB
01 août 2008
conference
Conférence de presse du réseau d'avocats PLN
Chers amis,
Le réseau d'avocats PLN a invité la presse pour faire savoir que les avocats sont choqués de ce que les politiques ont dit dans la presse de ces derniers jours.
En français
In het Vlaams
http://video.google.com/videosearch?q=Grève+de+la+soif-+persconferentie+PLN&sitesearch=#
Voici la vidéo avec Selma Ben Khelifa, l'avocate des deux sans papiers, et leur témoignage.
C'est on ne peut plus clair....
Un grand merci à Selma qui, c'est rien de le dire, n'utilise pas la langue de bois si chère à nos ministres.
http://video.google.com/videosearch?q=Grève+de+la+soif-+2+sans+papiers+et+leur+avocate&sitesearch=#
A bientôt
Greta
















