Communiqué de presse

Nous avons appris ce matin le suicide d'un réfugié d'origine érythréenne au centre fermé pour étrangers de Vottem. Selon nos informations, le suicide aurait eu lieu vers 1h du matin. 

Cette personne était enfermée à Vottem depuis environ 4 mois. Il souffrait énormément de sa détention; des témoignages nous le décrivent comme très dépressif, ne s'alimentant quasi pas...

Quelques heures avant ce suicide, par pendaison, il avait été transféré d'une aile vers une autre, pour une raison que nous ignorons. Après ce transfert, il a été placé seul dans une chambre. C'est là qu'il a été découvert, pendu avec son drap de lit.

Les autres Erythréens sont anéantis, ils ne comprennent pas que l'on ait isolé, privé de la compagnie de ceux qui l'entouraient précédemment, et laissé sans aucune surveillance quelqu'un qui allait très mal!

Tous les détenus de Vottem sont sous le choc, Beaucoup ont refusé de s'alimenter aujourd'hui. Ils nous disent combien c'est insupportable de vivre dans ce qui n'est rien d'autre qu'une prison, avec des brimades quotidiennes...

Nous sommes indignés, révoltés. En effet on peut imaginer comment quatre mois de détention ont brisé un homme qui comme beaucoup d'autres "transmigrants" fuyait une situation de guerre et tentait d'aller rejoindre de la famille, des amis en Angleterre.

Voilà le résultat de la politique de traque menée par le secrétaire d'Etat à l'asile et à la Migration, Théo Francken, et par le gouvernement Michel! Après les 8 personnes décédées en 2018 sur les routes migratoires en Belgique, dont la petite Mawda, après ce suicide, qui sera la prochaine victime de cette politique?

Les centres fermés sont une machine à expulser; pour cela ils mettent en oeuvre une série de pratiques visant à briser psychologiquement et physiquement , au quotidien et lors des tentatives d'expulsion, les personnes. Rien n'est épargné, le cachot, prison dans la prison, ou l'aile sécurisée d'isolement à Vottem, les transferts disciplinaires, les insultes, les coups, les menottes lors de chaque déplacement au tribunal ou à l'hôpital... Voilà ce dont nous parlent tous les jours les "enfermés" qui ne comprennent pas d'être "traités comme des criminels", qui, pour beaucoup, n'ont jamais connu de prison, ou de menottes, avant celles-ci... et qui n'en peuvent plus.

A Vottem depuis 2008, c'est le cinquième décès: trois suicides, et deux morts faute de soins appropriés.

La résistance citoyenne doit se poursuivre face à cette politique d'asile et d'immigration mortifère, qui remplace l'accueil par le rejet, l'expulsion, qui place des enfants en détention malgré les graves séquelles psychologiques au cela va entraîner, au mépris de la Convention internationale des Droits de l'Enfant. NON, pas en notre nom!

Nous appelons à rejoindre le rassemblement hebdomadaire du CRACPE ce samedi 13 octobre autour du centre fermé de Vottem, rassemblement dès 15H.

Premiers signataires: ATTAC Liège, CIRE, CNCD, Collectif Citoyens Solidaires de Namur,CRACPE, CRER/GVO, FPS, Groupe Montois de Soutien aux Sans-Papiers, LDH , Le monde des possibles asbl, Médecins du Monde, Migrations Libres, Plateforme Citoyenne de Soutien Aux Réfugiés