127bis

Communiqué de presse - 3 octobre 2017

Chaque jour des familles sont brisées par les décisions de l'Office des étrangers, qui enferme des pères et des mères, les séparant de leurs enfants, parfois nouveaux-nés, et n'hésite pas à expulser le parent dans le "pays d'origine", sous prétexte de "danger pour l'ordre public", refus de cohabitation ou de mariage, absence de domicile ...etc ,  affirmant que le contact avec le père/mère peut être maintenu par​ S​kype ! 

Une mère séparée de ses jumeaux de quelques mois

Les situations se succèdent, de plus en plus écoeurantes.

Le mardi 02/10/2017 au  matin nous avons reçu un appel des femmes enfermées au centre fermé 127 bis. Elles nous ont dit qu'une dame venait d'arriver dans le centre. Elle disait avoir été séparée de ses jumeaux d'un mois (nous avons ensuite appris que ses enfants ont cinq mois). Elle avait été emmenée au centre après avoir passé 24 heures au commissariat de Molenbeek. 

Les co-détenues étaient scandalisées. Elles nous ont raconté :

"Elle pleure et ne fait que crier 'mes bébés!!!' Elle est incapable de parler ou de donner son nom!".

Ce mercredi​  03/10/2017 un appel a été lancé via Facebook, invitant les citoyennes et citoyens à appeler le 127bis: des dizaines de personnes ont téléphoné à la centrale. Le Délégué général aux droits de l'enfant, Bernard De Vos, a voulu se renseigner. On lui a dit : "Il n'y a pas de trace d'enfants dans le dossier de la dame à l'Office des étrangers". Et à d'autres personnes qui ont appelé le 127bis:  "Apportez-nous l'acte de naissance".

Plus tard dans l'après-midi, une bonne nouvelle arrive : "la maman sera libérée ce soir ou demain matin". Et dans le soirée : "Elles est libérée" !

Un dénouement heureux pour lequel nous devons remercier les détenues qui ont​ eu le courage de ​dénoncer​ la situation, les citoyennes et citoyens qui ont mis la pression sur le centre et le Délé​gué général aux droits de l'enfant qui a tenu tête à l'Office des étrangers.

Multiplication de cas

Le cas de cette mère n'est pas isolé. Nous rencontrons des situations semblables très régulièrement.

Voici quelques exemples récents parmi d'autres :

L'enfant de T., expulsé le 26/09/2017, a maintenant six mois. T. est arrivé en Europe en 2012 car il fuyait des poursuites dans un pays où la dictature s'est imposée peu à peu. Il avait enfin refait sa vie avec sa compagne mais, malgré une composition de ménage attestant de leur vie commune depuis plus de 18 mois et la reconnaissance de sa paternité, il a été renvoyé dans un pays où il risque sa vie.

Monsieur M est arrivé en Belgique en 2005. Suite à un petit méfait il a été condamné par défaut et emprisonné pendant 8 mois en 2008. Puis il a repris sa vie, a rencontré une compagne avec qui il a 2 enfants qui ont actuellement plus de 2 ans et un bébé de 8 mois. Il a été expulsé le 11/06/2017 car il représenterait un "danger pour l'ordre public".

Une maman arrivée des États-Unis à l'aéroport de Bruxelles pour une visite à la famille avec ses 2 enfants a été arrêtée, enfermée et expulsée le 30/07/2016 car elle avait un "visa douteux". Les enfants ont été placés sous tutelle pendant 2 mois puis rapatriés.

M. a été expulsé ​ce mardi 3 octobre vers le Maroc. Il avait obtenu la paternité de son enfant après 2 ans de procédures. L'enfant est actuellement placé par le juge car la mère est absente et son père – reconnu comme tel par le tribunal de la jeunesse – a été expulsé!

Les jumeaux de O. (qui a reçu un avis d'expulsion pour le 5/10/17) vont naître en principe début novembre. La demande de cohabitation légale avec sa compagne a été refusée le jour du dépôt du dossier. L'Office des étrangers veut l'expulser alors qu'il a signé la reconnaissance prénatale de sa paternité.

L'Office des étrangers bafoue l'intérêt supérieur de l'enfant 

Alors que la construction du nouveau centre fermé pour familles se poursuit, les autorités belges ont déjà trouvé d'autres moyens d'infliger aux enfants le coût de leurs politiques migratoires: réfugiés mineurs enfermés car soupçonnés d'être majeurs sur la base de tests osseux critiqués de toutes parts et enfants traumatisés par l'arrestation, la détention et l'expulsion de leur père ou de leur mère.

Nous condamnons fermement ces pratiques et dénonçons la multiplication de​ cas de violation de l'intérêt supérieur de l'enfant derrière les murs et les barbelés des centres fermés.

Signataires

CRER
CRACPE 
SOS Migrants
Front des Migrants