Expulsions collectives

Communiqué de presse - Ce mardi 26 septembre aura lieu une nouvelle expulsion collective vers la RDC, qui d'après nos informations fera escale également au Ghana et au Nigéria. 
 
Des vols militaires sont régulièrement organisés par la Belgique et/ou Frontex. Rappelons que ces vols militaires rendent impossible tout refus ou résistance de la part des personnes qui sont ainsi expulsées. 
 
Depuis dimanche les personnes détenues dans les différents centres fermés pour étrangers de Belgique ont été emmenées sans préavis au 127bis en vue de ce vol. Les avocats, pour peu que des proches ou des soutiens les aient prévenus, n'ont donc eu qu'une journée pour réagir et activer l'une ou l'autre procédure.
 
Nous vous livrons ci-dessous les informations recueillies auprès des personnes visées par l'expulsion et auprès de leurs proches.
 
Des « opposant(e)s »
Plusieurs sont des opposant(e)s bien connu(e)s au régime de Kabila et militent depuis des années. Ils/elles sont maintenu(e)s dans les centres fermés depuis plusieurs mois, ont fait plusieurs demandes d'asile, mais le CGRA ne les a pas cru(e)s malgré des preuves irréfutables. Ils/elles sont fiché(e)s par le régime et risquent l'arrestation dès leur arrivée à Kinshasa.
 
Des « papas »
Deux au moins sont devenus papas tout récemment, mais ont été arrêtés lors de leur demande de cohabitation ou de mariage, dans le cadre de la campagne de Francken à la recherche de faux bébés/faux papas.
 
Des « femmes »
A notre connaissance, au moins 6 femmes congolaises ont reçu leur billet, dont une maman et ses deux filles âgées de 18 et 22 ans qui vivent en Belgique depuis 5 ans.
 
Des « criminels »? On applique la double peine...
Certains ont fait de la prison. D'après ce que nous apprennent les contacts, ils étaient mineurs à leur arrivée en Belgique et avaient des parents  ayant obtenu l'asile. Leurs familles sont toutes de nationalité belge et ils ne connaissent pas le Congo. Pour l'un d'entre eux, il y a déjà 10 ans qu'il est sorti de prison. Un autre avait obtenu la nationalité belge puis on la lui a retirée suite à des condamnations. Que vont-ils faire en RDC ?
 
Livrer des opposant(e)s au gouvernement de la RDC, annoncer l'expulsion de « criminels » et ainsi faire monter les statistiques de Monsieur Francken, empêcher des mariages ou des reconnaissances d'enfants, tout est bon pour  "rassurer" à la fois le citoyen belge manipulé par la propagande xénophobe et le régime de Kabila : la main de fer de l'état Belge frappe ses « étranger(e)s », fidèle aux politiques migratoires européennes et à la Directive Retour. 

Fruits de politiques répressives et racistes, ces expulsions mettent des personnes, des familles, des enfants dans des situations de détresse grave. Elles font partie d'une politique plus globale mise en oeuvre aujourd'hui en Belgique vis-à-vis des migrants, qui remet gravement en cause les Droits Humains les plus élémentaires comme en témoignent les rafles au Parc Maximilien et les contacts avec la dictature soudanaise.
 
Nous appelons à entrer en résistance contre cette machine à expulser qui broye des vies humaines!
 
Pour le CRACPE, le CRER et Getting the voice out
 
France Arets