M. est camerounais. Il est entré en Europe par l’Espagne mais vit depuis cinq ans en Belgique. Souffrant de goitre, il a été opéré une première fois peu après son arrivée ici. Pas de chance: l’opération a mal tourné, lui endommageant les cordes vocales. Titulaire d’une carte orange pendant un an et demi, il s’est ensuite retrouvé sans titre de séjour. En 2013 la Belgique l’a expulsé vers l'Espagne, mais les autorités espagnoles ont refusé de l’accueillir et l’ont immédiatement renvoyé ici. Pour l’Espagne, c’est en effet la Belgique qui est responsable de M. et de la dégradation de son état de santé.

Sans accès à l’aide médicale urgente, sans soutien du CPAS, M. s’est vite retrouvé à la rue, abandonné par son avocat. Il s’est alors rendu lui même à l’Office des étrangers pour expliquer sa situation. Le 13 janvier 2015 il a été placé en rétention. Il a résisté à une première tentative d’expulsion vers l’Espagne il y a une semaine. La deuxième est prévue pour demain. Depuis trois jours, pour plier sa résistance, les médecins du centre Caricole refusent de lui donner les antidouleurs qu’il est censé prendre quotidiennement.

M. entend résister à cette deuxième expulsion, injuste et injustifiée puisque l’Espagne ne se considère pas comme responsable de son cas. Jusqu’à quand les autorités belges entendent-elles traiter M. comme un paquet à retourner à l’expéditeur, alors qu’elles savent pertinemment que ce retour ne peut avoir lieu? M. demande à pouvoir rester ici pour y vivre dignement.

Nous demandons la fermeture de toutes les prisons pour étrangers, qui représentent une violation institutionnalisée des droits de l'homme!