Pour protester contre ces crimes organisés, rassemblement ce lundi 02/12/2013 à 18 heures devant le centre fermé 127bis

C’est dans l’indifférence quasi générale que les expulsions d’étrangers déboutés du droit d’asile se poursuivent, à des cadences rarement atteintes. Après l’expulsion collective de ressortissants congolais le 27 octobre dernier, voici qu’une nouvelle déportation de Congolais se prépare, et aura probablement lieu ce mardi 3 décembre. 

En effet un représentant de l’Ambassade de la RDC s'est rendu le 7 novembre au centre fermé 127bis pour identifier des personnes menacées d’expulsion. Il était accompagné de représentants de l'Office des Étrangers et du CGRA. Des détenus interrogés par ces derniers nous ont dit être choqués et scandalisés d’avoir constaté à cette occasion que le délégué de l'ambassade pouvait disposer de leur dossier de demande d'asile. Rappelons que légalement, aucun élément de ce dossier ne peut être remis ou révélé aux représentants du pays d'origine du réfugié.

Selon nos informations, une liste de ressortissants congolais est déjà établie pour un prochain vol à destination de Kinshasa. Vraisemblablement un vol militaire au départ de Melsbroek.

Rappelons encore une fois que la Convention européenne des Droits de l'Homme interdit les expulsions collectives "sauf dans les cas où une telle mesure est prise à l’issue et sur la base d’un examen raisonnable et objectif de la situation particulière de chacun des étrangers qui forment le groupe"  et que la Belgique a déjà été condamnée par le passé pour ces faits (voir notamment l’arrêt Conka de février 2002).

Des activistes, des opposants au régime de Kabila, des militants des droits humains sont visés par cette nouvelle décision de l’Office des Etrangers qui, encore une fois, n’a cure des risques avérés, mortels, encourus par ces derniers. En effet, selon plusieurs témoignages, les expulsés sont pris en charge dès leur arrivée par la  tristement célèbre ANR (l’Agence Nationale du Renseignement) et sont ainsi systématiquement arrêtés et interrogés. S’ils sont soupçonnés d'être des opposants politiques, ils sont alors  emprisonnés et torturés.

Toute puissante au pays, l’ANR dépend directement du Président de la République, n’est soumise à aucun contrôle parlementaire et est fortement critiquée pour ses violations répétées des Droits de l’Homme par l’ONU comme par de très nombreuses associations.

Confirmant cette sourde inquiétude,  les associations actives dans la défense des expulsés congolais du 27 octobre dernier n’ont plus aucune nouvelle de plusieurs de leurs contacts et ont eu confirmation qu’au moins quatre d'entre eux sont emprisonnés à Kinshasa depuis leur arrivée.

Une fois de plus l’Office des Etrangers et le gouvernement belge n’hésitent pas à déporter des réfugiés voués au mieux à une détention arbitraire, au pire à l’emprisonnement, à la torture voire à la mort. Une fois de plus notre gouvernement jouera les vierges effarouchées devant les violations des Droits Humains, tout en fermant les yeux quand son administration inique livre des opposants à leurs bourreaux.

Ils ont tué Aref, mais ils n'ont toujours pas compris.

Combien de morts faudra-t-il pour que nos ministres mettent fin à cette hypocrisie macabre, feignant d'ignorer ce que tout le monde sait ?

Chaque fois de plus, est une fois de trop. Chaque fois de trop est un crime.

Cassons la machine à expulser.

CRER - CRACPE et des anonymes

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Centre fermé 127bis

Tervuursesteenweg 300, 1820 Steenokkerzeel

Train direction Leuven, arrêt Nossegem

Gare du midi 17.18, Gare Central 17.21, Gare du Nord 17.25.