Caricole

Attendu en France pour une opération délicate des yeux,
Monsieur D. s’est retrouvé au Caricole
où il risque de perdre la vue 
 
Communiqué de presse (23 septembre 2018)
 
Encore une fois, un aéroport belge s'est refermé comme un piège sur un voyageur, qui plus est très malade. Monsieur D, détenu au centre Caricole depuis le 14 septembre, risque de perdre la vue. Il est suivi par un chirurgien ophtalmique en France, pays de résidence de sa femme et où il était attendu pour une opération urgente.
 
D'origine guinéenne, Monsieur D possède un visa Schengen de 3 ans, mais n'étant pas autorisé à rester plus de 90 jours d'affilée sur le territoire européen, il devait régulièrement quitter l'Europe. Lors de son arrestation à Zaventem, les autorités belges l'ont retenu car son séjour précédent en Europe avait duré... 92 jours.
 
Monsieur D a déjà subi plusieurs opérations très délicates des yeux. La déchirure rétinienne de son oeil demande une intervention urgente, son oeil étant à l'heure actuelle infecté et rempli de sang. 
 
L'histoire de Monsieur D est d'autant plus absurde que les autorités belges ont cherché à le faire opérer ici en Belgique plutôt que de le laisser libre d'aller en France voir son chirurgien. "C'est comme si on se moquait de sa santé", dénonce sa belle-fille.
 
Le Caricole a d'abord contacté l'hôpital Saint Pierre, mettant la pression sur un médecin qui a catégoriquement refusé de pratiquer une opération d'une telle complexité et a envoyé deux courriers au centre en réclamant le suivi du patient par son chirurgien attitré.
 
Ils ont ensuite contacté l'UZ. Le chef de service a d'abord refusé, puis a fini par céder. Monsieur D va donc, si rien n'est fait, être opéré dans des conditions qu'il refuse, après avoir subi une détention inacceptable.
 
Nous exigeons la libération immédiate de Monsieur D et dénonçons le caractère systématique et discriminatoire des arrestations de voyageurs à destination ou en transit dans les aéroports de Zaventem et Charleroi. Chaque semaine, à l'insu de tous, sont enfermés au Caricole des voyageurs affolés, qui souvent sont renvoyés vers le pays de départ.