marseille-expulsion-soudan

La nouvelle est arrivée hier: la Cour européenne des droits de l’homme a déclaré recevable les recours introduits par cinq citoyens soudanais expulsés par l’Italie en août 2016. L’Italie, un des pays que Charles Michel et ses collaborateurs citent à répétition pour justifier les renvois vers le Soudan – “d’autres le font aussi!” – comme si un comportement criminel pouvait devenir acceptable en raison de sa fréquence. 

Ce que Charles Michel et ses collaborateurs ont toujours omis de préciser (par mauvaise foi ou ignorance, on vous laisse trancher), c’est que les autorités italiennes, après avoir discrètement signé un accord sur les rapatriements avec le Soudan le 3 août 2016 et avoir tout aussi discrètement procédé à l’expulsion de 40 Soudanais le 24 août de la même année – ont été submergées par les critiques.

L’Asgi, un réseau de juristes spécialisés en droit d’asile et des étrangers, a saisi l’occasion pour mettre le gouvernement face à ses responsabilités. Suite à une mission au Soudan, qui leur a permis de rencontrer certaines des personnes expulsées, et après avoir épuisé les voies de recours internes, les avocats Salvatore Fachile et Dario Belluccio se sont tournés vers la Cour de Strasbourg. Bizarrement, depuis ce fameux août 2016, l’Italie n’a plus effectué de renvois vers le Soudan. Mais ça aussi, Charles Michel et ses collaborateurs ont omis de nous le dire...

Oui, d’autres pays européens expulsent vers le Soudan, mais pas tous, ce qui prouve bien qu’il s’agit d’un choix politique, qui reflète un mépris du droit international (voir à ce propos l'opinion publiée aujourd'hui par Pierre Mertens, Benoît Scheuer et Bernard Maingain). S’il y a une leçon à tirer du cas italien, ce n’est pas que “d’autres pays le font”, mais plutôt que les citoyennes et les citoyens d’autres pays se sont soulevés avec succès contre ces expulsions inhumaines et illégales. Et dans le même but nous poursuivons notre lutte!

Source photo