Weaam est une jeune femme américaine d’origine irakienne dont le fiancé vit en Belgique. Le 11 décembre, accompagnée par sa grand-mère Labiba, elle atterrit à l’aéroport de Zaventem sur un vol parti de Nashville. C’est son troisième voyage en Belgique. Les deux premières fois tout s’est bien passé. Cette fois, les deux femmes ont la malchance de tomber sur un agent borné et raciste, de ceux qui font la réputation peu flatteuse de l’aéroport de Bruxelles-National auprès de certains passagers d’origine étrangère.

Au cours d’un échange en anglais, l’agent demande a Weaam quand est-ce qu’elle compte retourner aux Etats-Unis. Weaam croit qu’on lui demande à quand remonte son dernier voyage en Belgique. Elle répond « en mai ». Malgré le billet de retour pour le 21 janvier 2016, l’agent déclenche l’alarme, croyant que les deux femmes veulent rester en Belgique jusqu’en mai 2016. Les deux femmes sont arrêtées, passent neuf heures à l’aéroport avant d’être transférées au centre fermé Caricole, où on leur dit qu’elles n’ont pas droit à un avocat (ce qui est faux) et qu’elle seront rapatriées parce qu’elles voulaient rester en Belgique au-delà des trois mois permis par le visa Schengen (ce qui est également faux, comme en attestent leurs tickets). Labiba, la grand-mère âgée de plus de 70 ans et portant un pacemaker, a un malaise et doit être visitée par un médecin de l’Office des étrangers. Malgré l’intervention d’un avocat, Maître Mathieu Lecompte, qui a obtenu l’annulation d’un premier vol de rapatriement, la mesure d’éloignement a été confirmée ce vendredi 18 décembre.

On se doute bien que si les deux dames avaient eu les cheveux blonds, les yeux bleus et des prénoms comme Sharon et Michelle, elles auraient passé les contrôles sans souci. Des cas comme celui-ci, il y en a foule, sauf que la plupart passent inaperçus parce que les personnes – effrayées, désemparées, choquées – n’ont pas la possibilité de les dénoncer. On se souvient de l’histoire de Gladys Hernandez, cette chanteuse cubaine bloquée à Zaventem en 2012 et rapatriée alors qu’une tournée l’attendait en Belgique. Ou celle de Rudy Nzemo, un étudiant de l’ULB arrêté en 2009 lors de son retour d’un voyage au Cameroun, son pays d’origine.

Les discriminations et les abus de pouvoir au niveau des contrôles effectués à l’aéroport de Zaventem sont une réalité encouragée par l’Office des étrangers. Face à ces abus, la justice est presque impuissante. Les rares fois où les personnes victimes de ces discriminations s’adressent à un avocat, ce dernier peut tenter un recours en extrême urgence contre la mesure d’éloignement, mais il est toujours difficile de contester le fond du dossier. C’est la version de l’Office des étrangers qui prévaut, même quand elle n’est qu’un amas de mensonges.

Face à ce nouveau cas d’abus, nous demandons :

- que Weaam et sa grand-mère soient immédiatement libérées et qu’une indemnisation leur soit versée pour les dommages subis.

- qu’une interrogation parlementaire soit adressée à Théo Francken concernant les pratiques discriminatoires observées à l’aéroport de Zaventem et cautionnées par l’Office des étrangers.

- que le consulat des États-Unis explique pourquoi il n’est pas intervenu en soutien de ces deux citoyennes américaines.

Et nous invitons les médias à partager et à dénoncer cette histoire afin que cesse le climat d’impunité dont bénéficient certains agents racistes de l’aéroport de Zaventem. Weeam est prête à témoigner au 0465 52 13 93. Le temps presse, car l’Office des étrangers tentera d’expulser les deux femmes au plus vite.

Ne les laissons pas seules !

Pour plus d'infos ou pour dénoncer d'autres cas semblables, écrivez-nous: crer.info@gmail.com