L’Organisation internationale pour les migrations embauche, voilà une bonne nouvelle. Vous êtes peut-être tombés sur cette offre d’emploi: assistant aéroportuaire, contrat à durée déterminée (jusqu’au 31 décembre 2014), avec possibilité de prolongation. “L’Organisation internationale pour les migrations a signé une convention avec le gouvernement de Belgique pour organiser le programme de retours volontaires assistés REAB, qui vise à encadrer le retour volontaire et la réintégration des demandeurs d’asile, des personnes bénéficiant d’une protection temporaire et d’autres groupes d’étrangers ayant besoin d’assistance”.

Vous devrez donc assister ces personnes, “sans jamais oublier que votre but principal est celui d'accompagner les migrants dans un meilleur procès de retour volontaire et de réintégration”.

Vous devrez être “persévérant, calme et poli face aux défis et au stress”, et savoir “travailler avec des personnes de différentes cultures”. Aucune information n'est donnée sur le salaire, mais si vous décidez tout de même de postuler (attention, vous avez jusqu'au 15 mai), il y a une chose que vous devriez savoir: il est impossible, à l’heure actuelle, de savoir si un retour “volontaire” est vraiment volontaire. Aucun organe indépendant n’est chargé de vérifier si la personne souhaite vraiment retourner dans le pays qu’elle a quitté. D’ailleurs, pourquoi un demandeur d’asile débouté devrait-il choisir de retourner dans les lieux qu’il a fui? Pourquoi une personne sans papiers mais ayant sa vie en Belgique, des amis, un travail, une famille, devrait-elle tout quitter pour aller là où elle n'a plus aucun lien? Parce qu'elle a le choix entre un retour volontaire et un retour forcé. C'est si simple que ça.

Vous connaissez l’histoire d’Aref? Début 2013, il a accepté un retour "volontaire" en Afghanistan, après que ses demandes d’asile avaient toutes été rejetées. Il a été tué peu après. Est-ce que vous accepteriez de retourner volontairement en Afghanistan, vous?

Et saviez-vous que les centres fermés sont des partenaires du programme de retour volontaire assisté? C’est l’Office des étrangers lui-même qui l’explique: “Dès 1999, un accord reconnaissant les centres fermés comme des partenaires REAB indépendants a été conclu. Les services sociaux des centres fermés ont pour mission de persuader les personnes qui ont été écrouées en vue de leur éloignement à s’inscrire au programme de retour volontaire” (p.24 de cette brochure, que nous vous invitons à lire).

Rassurez-vous, la Belgique n’est pas seule. Récemment, en Allemagne, la Croix-Rouge bavaroise a publié une brochure présentant des enfants de demandeurs d’asile heureux de retourner dans leur pays: "Maintenant, j'ai un ami, je joue avec lui et les autres tous les jours. J'aime vraiment beaucoup être ici", pouvait-on y lire. Face aux critiques, la brochure a été retirée. “La légende allemande du retour heureux”, titrait un journal. A vous de choisir si croire ou pas à cette légende.

La CRER