Alors que la situation sécuritaire en Afghanistan, en général, et à Kaboul en particulier n'a cessé de se dégrader ces derniers jours, nous apprenons qu'une nouvelle expulsion d'un réfugié afghan est prévue demain matin.

Dans le même temps, nous prenons connaissance des premières réponses, négatives, aux demandes d'asile réintroduites après la réunion avec Elio Di Rupo et Maggie De Block. Ces nouvelles demandes sont rejetées malgré de nouveaux éléments dans les dossiers et en dépit des nouvelles guidelines du HCR.

Dans ces conditions et vu l'attentat et la fusillade de ce vendredi 17 janvier, qui a fait 21 victimes dont des civils afghans et des ressortissants étrangers, nous nous demandons de quelles preuves supplémentaires le CGRA et l'Office des Etrangers ont-ils besoin pour reconnaître la dangerosité d'un retour au pays pour des réfugiés qui l'ont fui, depuis plusieurs années pour la plupart d'entre eux!

Demain matin, Davajan, 28 ans, va être renvoyé dans ce pays en guerre. Son seul crime : avoir quitté son pays et s'être fait arrêter lors de la manifestation du 25 septembre 2013 avec le collectif des Afghans. Depuis ce jour, il est maintenu en détention dans un centre fermé. Son vol était prévu pour le 28 janvier, mais il a été avancé d'une semaine.

Alors que les médias rendent compte de plus en plus régulièrement de la situation en Afghanistan, que les soutiens ne cessent d'affluer de toutes parts (plate forme d'une soixantaine d'associations, milieux catholiques, syndicats, citoyens solidaires), nous constatons, par ailleurs, un durcissement préoccupant de la politique migratoire belge qu'il nous est difficile de ne pas interpréter comme un moyen dissuasif de faire taire un mouvement qui prend de l'ampleur et gagne en sympathie.

Loin de nous décourager, les événements et les décisions de ces derniers jours nous incitent au contraire à ne pas baisser les bras et à continuer à lutter pour une cause juste.

Demain matin, soyons présents, citoyens solidaires et médias, à l’aéroport de Zaventem à 6h15 afin d'exprimer notre indignation face à cette nouvelle expulsion et de tenter de l'empêcher en expliquant la situation aux passagers du vol vers Amsterdam (embarquement à 8h15 sur le vol KL1722).

Ils veulent nous faire peur, mais ensemble nous sommes plus forts.

CETTE POLITIQUE MIGRATOIRE PAS EN NOTRE NOM.