Nous apprenons que plusieurs ressortissants congolais détenus en centre fermé ont été réunis au centre 127 bis et placés en isolement en vue d'une expulsion collective qui devrait avoir lieu demain, dimanche 27 octobre. 

Parmi ces personnes, il y a plusieurs femmes. Une d'elles est mariée à un ressortissant congolais résidant légalement en Belgique, qui a appris que l'Ambassade de la RDC n'a jamais délivré de laissez-passer pour sa femme. 

Impossible de joindre ces personnes pour savoir quelle est leur situation. Impossible aussi de savoir à quelle heure est prévu le vol. Encore une fois, l'Office des Étrangers s'apprête à agir dans le plus grand secret, en dehors de tout contrôle sur la légitimité et les modalités de cette opération. Rappelons que la Convention européenne des droits de l'homme interdit les expulsions collectives "sauf dans les cas où une telle mesure est prise à l’issue et sur la base d’un examen raisonnable et objectif de la situation particulière de chacun des étrangers qui forment le groupe". (article 4 du Protocole n.4). Un "examen raisonnable et objectif" que l'Office des Étrangers semble juger facultatif.

Rappelons également qu'être expulsé vers la RDC comporte des risques très sérieux pour les personnes victimes de cette procédure. Les demandeurs d'asile déboutés sont systématiquement arrêtés et interrogés à leur arrivée. Les personnes expulsées sont emprisonnées et torturées si soupçonnées d'être des opposants politiques. Un rapport paru ce mois-ci au Royaume-Uni détaille de très nombreux cas de violences subies par des ressortissants congolais après leur retour forcé en RDC ("Unsafe Return 2"). Le gouvernement belge ignore-t-il cette réalité? Ou préfère-t-il, par cynisme politique, fermer les yeux au nom de l'amitié avec Kinshasa?

Un appel tourne pour aller protester devant le centre fermé 127 bis à Steenokkerzeel à 10 heures ce dimanche. Adresse: Tervuursesteenweg 300, 1820 Steenokkerzeel

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