Police 2

Cette fois il ne partira pas si facilement, le sang qui tâche les mains de Di Rupo, Maggie De Block, Dirk Van den Bulck et des policiers belges qui n'ont rien à envier à leur collègues du G8 de Gênes. Trop de personnes ont vu, témoigné, photographié. Et toujours plus de citoyens constatent avec rage et dégoût que la démocratie belge n'en est pas une. On aimerait entendre protester également les fonctionnaires, les eurodéputés, les employés des ONG qui travaillent du côté de rue de la Loi. Mais peut-être n'ont-ils pas encore remarqué la répression en cours depuis des semaines à quelques pas de leurs bureaux? Voici une chronique de ce mardi de la honte.

Ce matin a eu lieu l'audition du Commissaire général aux réfugiés et apatrides, Dirk Van den Bulck, devant la Commission de l'Intérieur de la Chambre. Il y a défendu la politiques menée à l'égard des réfugiés afghans: "Chaque cas est apprécié en fonction du risque réel encouru en cas de retour". C'est un mensonge:

- Dès qu'ils introduisent une demande d'asile,  "les demandeurs sont informés de la possibilité qui s’offre à eux d’un retour volontaire" (Le Soir.be)

- Aref, qui avait vu sa demande refusée quatre fois, a été tué après son retour en Afghanistan. Et on perd généralement les traces des autres personnes expulsées ou rapatriées: impossible de savoir ce qu'elles sont devenues.

Pendant l'audition, les réfugiés afghans se sont rassemblés pacifiquement près du Parlement fédéral. Le bâtiment qu'ils occupaient à rue du Trône était donc presque vide.

En début d'après-midi, les autorités en ont profité pour procéder une nouvelle fois à l'évacuation du bâtiment. Pour rappel, la même scène s'était produite le 26 septembre.

Alertés de l'évacuation en cours, les réfugiés qui se trouvaient au carrefour Arts-Loi ont commencé un sit-in. Selon l'avocat Selma Benkhelifa, c'est quand ils ont décidé de se lever dans le calme que "les policiers leur sont rentrés dedans avec des chiens, des sprays. Les gens hurlaient. Ils ont poussé les femmes et les enfants sur le trottoir et encerclé les hommes sur la rue". 

Comme cela était déjà arrivé le 25 septembre, matraques et lacrymogènes ont été utilisés contre des manifestants pacifiques, parmi lesquels des femmes et des enfants. Des personnes ont été hospitalisées.

168 personnes ont été arrêtées: des réfugiés afghans mais également des personnes qui les soutiennent, dont Selma Benkhelifa. Dans la soirée ces dernières ont été libérés. Quant aux réfugiés afghans,  "l'Office des Etrangers dispose de 24 heures pour décider, selon les cas, de relaxer les personnes arrêtées, de les envoyer en centre fermé en vue d'un rapatriement ou encore de leur ordonner de quitter le territoire" (LaLibre.be). Catherine Lemaitre, Conseillère communale ECOLO Ville de Bruxelles, a demandé l'ouverture d'une enquête sur ces faits. 

 

Le regard tourné vers les prochaines élections et la N-VA, le gouvernement a adopté une stratégie lâche et cynique à l'égard des réfugiés afghans:

- ignorer leurs revendications, justes et soutenues par de nombreuses organisations de défense des droits des réfugiés. 

- multiplier les évacuations dans l'espoir de casser la mobilisation

- autoriser la violence policière contre les réfugiés et les militants qui les soutiennent

Mais la mobilisation augmente. Le gouvernement ne doit plus seulement répondre aux revendications des réfugiés afghans. Il doit désormais expliquer aux citoyens qui contrôle la police bruxelloise (Pierre Vandersmissen, peut-être?).

Des photos de la répression d'aujourd'hui sont disponibles ici et ici, et sur Facebook ici. 

Ci-dessous, le communiqué du Comité de soutien des réfugiés afghans.

------

Bruxelles : Arrestation des afghans, du comité de soutien et de l’avocate Selma Benkhelifa.

Ce mardi 22 octobre, le collectif des afghans voulait appuyer une interpellation en leur faveur au parlement. La police en a profité pour mettre les familles restées au 127 rue du trône à la rue. La manifestation pacifique s’est alors assise en protestation contre ces évènements.

La police est intervenue avec une grande brutalité. Elle a commencé par gazer les manifestants et les matraquer. Ensuite, les policiers ont fait sortir les femmes avec enfants de la nasse. Le tout fut couronné par des insultes racistes ; d’après certains policiers : « les étrangers sont des animaux ». Les coups vont se succéder pour finalement laisser deux personnes gravement blessées à la tête et 168 personnes arrêtées. Mme Milquet (CDH), M. Decourty (PS) et M. Thielemans (PS) ont manifestement décidé de briser la lutte des afghans dans la violence.

Le gouvernement belge, sous le commandement du ministre de la Défense Pieter De Crem (CD&V), dépense des millions pour participer à la guerre de l’OTAN en Afghanistan. Au nom du contrôle des ressources, la Belgique sème la violence en Afghanistan. Le gouvernement Di Rupo continue d’expulser des afghans vers la guerre et la mort (voir le cas d’Aref). Pourtant, le ministre des Affaires Etrangères, Didier Reynders (MR), déconseille aux ressortissants belges de voyager en Afghanistan en raison du danger que cela pose. L’hypocrisie du gouvernement Di Rupo doit cesser. La répression brutale que subissent des personnes qui luttent pour leurs droits et la justice est injustifiable. Expulser des personnes parce qu’ils font usage de la liberté d’expression et de manifestation, pourtant en théorie garantie à tous, relève du cynisme.

Nous exigeons la libération immédiate de toutes les personnes arrêtées et la fin immédiate de toutes les poursuites à l’encontre des militants (avec ou sans papiers) : procédure d’expulsions, SAC,… De Bruxelles à Paris en passant par Lampedusa, les mouvements demandent la Justice:

- Suppression des centres fermés ;

- Arrêt des expulsions ;

- Régularisation collective de tous les sans papiers ;

- La liberté de circulation pour toutes et tous.

Le comité de soutien.

Contact Presse : Magali : 0470 69 10 72