Enfant

 

Texte rédigé par l'avocat Selma Benkhelifa et publié sur le site du Progress Lawyers Network.

Chronologie de leur combat

La Belgique intervient en Afghanistan depuis plus de dix ans. Le pays est le théâtre d’un des plus long conflit armé du monde. Des millions de réfugiés vivent au Pakistan et en Iran. Quelques milliers arrivent chaque années aux portes de l’Europe.

En Belgique, entre 50 et 60% d’entre eux reçoivent une protection.

Que deviennent les autres ? La Belgique n’a pas d’accord de réadmission avec l’Afghanistan et  n’expulsait pas jusqu’en 2010. A partir de 2011, les expulsions ont commencé puis se sont accélérées.[1]

Ceux qui sont expulsés semblent choisis au hasard, alors même qu’ils sont parfaitement intégrés. Souvenez-vous de Parwais Sangani.

Le problème des Afghans n’est pas nouveau. Maggy De Block fait la sourde depuis des mois.

Les autorités d’asile ne tiennent pas compte du risque pour les enfants en Afghanistan. Cette situation avait été dénoncée dans la presse par le jeune Amir Jafari.

Le danger de renvoyer des enfants vers l’Afghanistan a aussi été dénoncé par le pédopsychiatre Peter Adriaenssens.

Les autorités ne tiennent pas compte du risque pour les minorités religieuses en Afghanistan et la Belgique a été condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme pour cette raison.

Les associations de défense des réfugiés dénoncent des lacunes dans l’examen de protection des Afghans.

Le Vluchtelingenwerk Vlanderen demande un moratoire sur les expulsions versl’Afghanistan.

Qu’est-ce que les Afghans revendiquent ? Un peu d’humanité.

Lorsque Maggy De Block a commencé à vider les centres pour demandeurs d’asile (dont le SAMU social situé rue du Trône 127), les familles afghanes se sont retrouvées à la rue.

Les Afghans ont alors décidé d’occuper le bâtiment vidé.

Ils ont manifesté paisiblement tous les jours : devant le Commissariat général aux Réfugiés, devant le cabinet de Maggy De Block, devant le cabinet de Joëlle Milquet (où ils ont été reçus), devant le cabinet de Peter Decrem.

Ils se sont rendus à la commémoration de la mort de Semira Adamu, dans le plus grand calme.

Ils ont demandé à rencontrer Maggy De Block. Ils ont filmé la remise de la demande pour éviter de nouveaux mensonges de la part de la secrétaire d’Etat, qui prétend qu’ils n’ont jamais pris contact avec elle.

Ils ont renoncé à la manifestation annoncée vendredi passé devant le cabinet d’Elio Di Rupo, parce que le cabinet leur avait annoncé qu’ils seraient reçus cette semaine. Ils ont attendu jusqu’à mercredi et sont allés manifester chez le Premier Ministre.

La manifestation a dégénéré. Les Afghans dénoncent des provocations policières, les policiers prétendent le contraire. Quoiqu’il en soit, des gaz lacrymogènes et des matraques ont été utilisés contre des enfants. Rien ne peut justifier cela.

La demande des Afghans est simple : ils estiment ne pas devoir être considérés comme « un problème migratoire », mais comme des civils venus d’une zone en conflit armé. Ils demandent une protection au gouvernement.

Ce que les Afghans revendiquent est légitime, la position du gouvernement belge ne l’est pas.

 

[1] 12 expulsions en 2011; 18 en 2012 et 21 durant les six premiers mois 2013