Plusieurs dizaines de Guinéens et des Sénégalais sont actuellement regroupés dans les centres fermés pour étrangers 127bis et Caricole en vue d'une déportation collective par avion militaire ce mercredi matin.
  
Les Guinéens sont la  cible de l’Office des Etrangers dans le cadre d’une politique de plus en plus restrictive et répressive en matière d’asile et d’immigration
 
Depuis la visite de Monsieur Freddy Roosemont, directeur de l’Office des Etrangers, en Guinée Conakry au début du mois, les expulsions vers la Guinée ont lieu toutes les semaines. Visiblement des accords existent pour favoriser ces rapatriements vers la Guinée. C’est ainsi que l’Ambassade délivre les laissez-passer à la pelle, sans se poser de question ni même rencontrer les personnes menacées d’expulsion.
  
Les Guinéens qui  sont arrivés ici ont fui un pays politiquement instable dans lequel  la répression a été et reste de mise : manifester en Guinée, c’est risquer sa vie, comme l’ont montré les journées de manifestation de mars et d'avril dernier qui ont fait une dizaine de morts. La Guinée est un pays où il n'y a toujours pas d'assemblée législative élue et où le pouvoir en place utilise les appartenances ethniques pour diviser et réprimer la population! Beaucoup de Guinéens réfugiés en Belgique ont perdu, ces dernières années, un frère, une sœur, un père, un ami au pays, et ont peur pour eux-mêmes en cas de retour forcé. La majorité de leurs  demandes d’asile sont  pourtant sommairement rejetées, parce que l’étranger est d’abord considéré comme suspect lors de l’examen des dossiers.
Le droit international n’est pas respecté : on n’a pas en Belgique le droit au recours effectif, une personne dont la procédure en recours dans le cadre d’une demande de régularisation est pendante au Conseil du Contentieux peut être arrêtée, et placée dans un centre fermé pour « illégaux » en vue de son expulsion. Parmi ceux qui risquent d'être expulsés ce mercredi, certains avaient des projets de mariage.
 
Une dizaine de Guinéens sont en grève de la faim depuis une semaine au 127bis pour protester contre les mesures d’expulsion vers un pays non démocratique où ils risquent la prison, la torture ou la disparition. « Plutôt mourir que retourner en Guinée ! », disent ces désespérés.
 
La politique de l'Europe-forteresse qui ferme ses frontières, qui refuse d'accueillir les victimes des persécutions et des dictatures, est une honte pour nos pays qui se prétendent démocratiques. Non seulement ces expulsions collectives par avion militaire coûtent très cher mais elles sont illégales en droit. Elles s’effectuent sans témoin, ni au départ, ni à l'arrivée, sans aucun contrôle extérieur, d'ONG, ni de quiconque. Chaque expulsé est encadré par la police fédérale, et n'a donc aucune possibilité de résister...  Même la presse n'a pas accès à l'aéroport de Melsbroek!
 
Il est temps d’ouvrir les yeux sur ces retours forcés qui, dans un contexte de crise économique, stigmatisent l’étranger et violent les droits fondamentaux d’êtres humains.
Contact
CRACPE (Collectif de résistance aux centres pour étrangers) 
CRER (Coordination contre les Rafles, les Expulsions et pour la Régularisation)