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Le 30 janvier, la CRER offre la parole aux détenus du 127bis

La politique migratoire belge a été placée sous les feux des projecteurs en décembre suite au scandale du manque de places pour accueillir les demandeurs d’asile, légalement tenus d’être pris en charge par l’Etat. Il est vrai que jusqu’aux grands froids du début de l’hiver, les médias traitaient plutôt de l’énième façon de former un gouvernement. La crise politique belge en a occulté d’autres, notamment celle de l’asile, (mal)heureusement replacée au centre des polémiques par cause de mauvais temps.

Comme il s’est agi de faire débat, on a tout entendu : qu’il s’agissait d’une crise de l’accueil, qu’on se trouvait face à une invasion -puisque les chiffres le prouvent bien- de personnes venant de pays où ils ne sont même pas menacés ou en danger, qu’il était temps de revoir la politique de « retour » plutôt que celle de l’accueil. On a aussi applaudi les organismes prenant en charge les demandeurs d’asile vivant dans la rue, pour leur proposer un logement décent dans les casernes wallonnes.

Alors on s’est endormi tranquilles, parce que Noël approchant, les pauvres étrangers ne dormaient plus en rue sous des cartons, ou alignés sur leurs matelas, au vu de tous les navetteurs de la gare du Nord. Le gouvernement en affaires courantes, le Secrétaire d'Etat à la Politique de migration et d'asile, Mr Wathelet (CDh), avaient fait un geste.

Et pourtant… Qui, depuis Noël, a entendu parler des grèves de la faim des Pakistanais ou des sans-papiers de la rue des Chartreux ? Les premiers ont reçu des titres de séjour provisoires au bout de 23 jours de grève, les autres, après plus de 46 jours de grève de la faim, commencent à accuser des séquelles neuropsychiatriques irréversibles… Qui se soucie des familles entières qui survivent dans des squats bruxellois au confort très limité, parfois sans chauffage et sans portes ? Qui a protesté contre l’expulsion de Toure Kemo, suivie d’une incarcération à la prison de Forest, car il se serait débattu contre ses gardiens lors de son transfert à l’aéroport ? Qui dénonce l’enfermement de demandeurs d’asile, de citoyens étrangers porteurs de visa en règle, en centres fermés ? Qui s’indigne encore de l’existence même des centres fermés, de la durée de détention de plus en plus longue ? Qui raconte l’infantilisation, la perte de repères, le régime carcéral, la perte d’identité, l’incitation au retour volontaire, les troubles psychologiques, … liés aux centres fermés ?

Olivier Masset-Depasse, dans son film Illégal, a décrit avec réalisme et objectivité la réalité honteuse des centres fermés.

Ceux qui ont été troublés par ces images;

ceux qui refusent de cautionner la politique migratoire désastreuse de la Belgique, tout récemment encore condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme;

ceux qui veulent dire que toute cette dérive sécuritaire ne se fait pas en leur nom;

ceux-là viendront protester devant le 127bis

ce dimanche 30 janvier dès 14h

et apporter leur soutien aux détenus.

En plus de notre présence protestataire, nous apporterons aux détenus des GSM et des cartes de téléphone pour leur permettre d’appeler famille, amis, médecins, avocats, etc.. Car, depuis quelques mois seulement, les détenus ont enfin le droit de communiquer librement avec le monde extérieur. 

 « Le silence est l’expression la plus parfaite du mépris » (G.B. Shaw), alors faisons résonner nos voix contre la politique migratoire et offrons la parole aux détenus du 127 bis !