Un demandeur d'asile tente de sauter du palais de Justice
Belga

Mis en ligne le 05/12/2007
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Il a insisté auprès de ses premiers interlocuteurs pour parler à un journaliste. Celui-ci, atteignant un toit proche du bloc sur lequel Yildirim A. avait pris position, a commencé à recueillir les propos du demandeur d'asile, tout en essayant de l'attirer vers un endroit plus sûr.

Yildirim A., 26 ans, un Turc du Kurdistan, s'est finalement rallié mercredi après-midi aux appels à la raison lancés par services de secours, les pompiers, un médecin du CHU Saint-Pierre et par un journaliste. L'intéressé était monté mercredi vers midi à une très bonne hauteur du palais de Justice de Bruxelles, soit à une trentaine de mètres, par les échafaudages extérieurs et il menaçait de sauter.

Il a insisté auprès de ses premiers interlocuteurs pour parler à un journaliste. Celui-ci, atteignant un toit proche du bloc sur lequel Yildirim A. avait pris position, a commencé à recueillir les propos du demandeur d'asile, tout en essayant de l'attirer vers un endroit plus sûr. Le désespéré était de plus en plus cerné par ses interlocuteurs qui tenaient un langage apaisant, mais il avait toujours l'opportunité de sauter dans le vide.

Le jeune Kurde a expliqué qu'il ne voulait pas être expulsé vers la Turquie, affirmant qu'il allait être enrôlé à nouveau dans l'armée pour aller combattre au Kurdistan. "Je ne veux pas être intégré dans l'armée turque et surtout pas pour aller tirer sur mes frères kurdes. Je suis en Belgique depuis 2 mois. Je suis loin de mon pays et je suis désespéré mais la Belgique est un pays sage. Même si je suis loin de chez moi. Toute ma famille est au Kurdistan. J'avais rendez-vous aujourd'hui à l'Office des étrangers mais je suis sûr qu'ils m'attendaient pour me mettre les menottes et pour me renvoyer en Turquie. Je ne veux pas. Je préfère mourir", a exposé Yildirim A., dans un français approximatif.

Trouvant plus d'aisance et remerciant ses interlocuteurs de l'écouter, l'intéressé, qui était toujours au bord du vide, a fait un pas de côté. Le journaliste lui expliquait, pour sa part, qu'il ne pouvait pas continuer à écrire sous la pluie. Le désespéré réclamait cependant la télévision.

Finalement, police, pompiers et médecins lui ont indiqué qu'une équipe de télévision l'attendait dans la salle des pas perdus pour l'interviewer et qu'il ne serait pas arrêté. Et, peu avant 16 heures, Yildirim A. a accepté de reculer et de suivre l'équipe de secours par les toits avant de regagner l'intérieur du palais par une fenêtre de côté.

Arrivé dans la salle des pas perdus, le jeune Kurde a été pris en charge par une patrouille de police qui a ordonné au journaliste de s'éloigner, tenant à son égard des propos désagréables même si certains agents ont pu confirmer qu'il avait joué un rôle important dans les négociations. Un officier s'est montré inflexible et a assuré qu'aucun de ses confrères ne serait davantage autorisé à s'entretenir avec le jeune Kurde. Un membre de la presse a cependant pu entendre que Yildirim A. allait être emmené au poste de police et qu'un contact était déjà établi avec l'Office des étrangers pour venir l'y rejoindre. Le demandeur d'asile a suivi la patrouille, sans résistance.

Peu avant 16h30, le calme était revenu au palais de Justice.