DES FAITS APOCALYPSES.

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Deuxième visite du directeur de l’office des étrangers aux 31 grévistes de la faim

ce 26 octobre 2007-

Trente et un sans papiers, épuisés, couchés accompagnés de deux femmes belges en grève de la faim depuis 5 jours, les avocats, une dizaine de soutiens et Monsieur Roosemont.

Monsieur Roosemont explique que la loi c’est la loi, que ce qu’il peut faire c’est leur offrir même si ce n’est plus la loi, une carte orange de jusqu’à six mois sur attestation médicale, et qu’il pense que ces cartes vont être prolongées, peut être de 3 ou 6 mois le temps que le médecin de l’office aie le temps d’attester qu’ils ont récupéré la santé, et puis…expulsion, ou retour à la clandestinité.

Grand désarroi des grévistes : cette carte ne leur permettra pas de  travailler,  de quitter le pays pour rencontrer des parents qu’ils n’ont plus vus depuis parfois 10 ans  dans leur pays ou dans des pays ou ils se sont réfugiés,  les maintiendra dans une marginalité dont ils ne veulent pas.

Un gréviste se crispe sur son matelas, vomit du sang et perd conscience. L’ambulance est appelée, suivit d’une ambulance de réanimation.

Monsieur Roosemont continue, imperturbable, à expliquer ses procédures durant la réanimation.

Un autre gréviste se tape la tête violemment à plusieurs reprises contre une table et tombe dans le coma. Les médecins réanimateurs le réaniment.

Un autre gréviste s’adresse en pleur à Monsieur Roosemont. Très difficile à comprendre, discours saccadé par des pleurs.

Un gréviste crie qu’il est là depuis 8 ans, veut travailler, vivre et explique qu’il est déjà intégré. Il a tout fait pour obtenir des papiers, est venu manifester devant l’office des dizaines de fois et que cette grève de la faim est sa dernière chance.

L’avocat s’énerve et met le directeur de l’Office des étrangers face aux contradictions légalistes qu’il soutient.

Tout cela toujours pendant que les réanimateurs soignent, amènent les deux malades.

La tension monte, insupportable. Monsieur Roosemont est gentiment mis dehors pour éviter de nouvelles crises, de nouvelles automutilations par désespoir.

Plus tard Monsieur remonte voir les grévistes et refait les même propositions.

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Longues discussions entre les avocats, les soutiens et les grévistes sans résultat.

Les soutiens dialoguent avec Monsieur Roosemont, essaient de comprendre.

En attendant plusieurs voitures de police sont arrivées.

Les grévistes  n’ont pas entamé une grève de la faim pour obtenir un statut de malade. Il demande de la dignité, il ne demande pas la pitié, ils ne veulent plus vivre dans la marginalité, il demande de travailler légalement d’avoir des droits et de remplir leurs devoirs en temps que citoyens à part entière. Ils vivent chez nous parfois depuis plus de dix ans et sont déjà intégrés. Une carte orange ne leur donnera droit qu’à se faire assister par le CPAS, de rester dans la marginalité, puis de devoir repasser dans la clandestinité ou d’être expulsés.

Eveline

CRER