Dewael/Verwilghen et le racisme scientifique

CRER - Coordination pour la regularisation

Janvier 2007

En 1999 le Ministre de la justice Marc Verwilghen demande une enquête sur la criminalité des étrangers en Belgique. L’enquête est menée par la sociologue et criminologue Marion Van San. L’article énumère les pourcentages élevés de suspicions et établit, par nationalité, des spécificités en matière de délinquance.
L’enquête de Verwilghen fut présentée comme une étude portant non sur le problème socio-économique de la délinquance juvénile mais comme un problème culturel et ethnique. De par l’interprétation abusive de données statistiques, les préjugés racistes s’en trouvent encore renforcés.

Certains facteurs socio-économiques entraînent un risque plus élevé de tomber dans la délinquance mais cela n’a rien à voir avec l’origine ethnique.

En réaction au caractère raciste de la manière dont la demande d’enquête Marc Verwilghen était posée et le rapport de la "scientifique" Marion Van San, un livre fut publié , rassemblant 11 études scientifiques sur ‘’La criminalité et la criminalisation de l’immigration ‘’ http://www.bladi.net/forum/64671-criminalite-criminalisation-limmigration/

Aujourd hui, le ministre de d'Intérieur, Patrick Dewael et son homologue flamand, Marino Keulen ont demandé un rapport à la même "scientifique" de 1999  "Marion Van San" pour disséquer le parcours des sans papiers en Belgique et en Flandre.

On peut imaginer le résultat de l'enquête !!

Alors que la lutte des sans papiers en Belgique reprend du poil de la bête, à l'instar de 2006, les réactions des autorités politiques face à ce mouvement social comencent à se faire sentir. Les aveux des gardiens du centre fermé de Vottem et ceux de la traductrice de l'office des étrangers ont fait trembler les chroniques et secoué le ministre de l'intérieur. Evidemment dans un contexte préélectoral ce n'est pas le meilleur moment pour critiquer sa politique d'immigration, alors pourquoi insister et confirmer des décisions qui, déjà dans le passé, ont créé des précédents racistes et critiques au niveau de l'opinion publique ?

Pour nous, militants du mouvement en défense de droits de l'homme une nouvelle étape dans la violence raciste contre les couches les plus fragiles de nos sociétés vient d'être franchie, "Le sans Droits"

Le ministre a dû se perdre à un certain moment en 2006 et ses décisions en matière d'immigration sont devenues le sable mouvant qui le mène à s'enfoncer de plus en plus à chaque fois qu'il réagit aux demandes du mouvement social.

Sans vouloir lui souhaiter du mal, il semble qu'avec des décisions pareilles il n'arrivera pas au mois de juin en tant que ministre de l'intérieur mais comme inculpé dans une affaire raciste .

Et l'histoire se répète ... !