Office des étrangers : flagrant délit de mensonge


Communiqués de Presse de la Ligue de Droits de l'Homme
24/11/2006

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Interrogé il y a trois jours sur le témoignage anonyme d’une personne travaillant à l’Office des étrangers qui rapportait des mauvais traitements infligés à une femme enceinte, M. Roosemeont, directeur de l’Office, se déclarait surpris « car on ne place pas une femme enceinte de 6 mois en centre fermé vu qu'on ne pourra pas par la suite la mettre dans un avion » (propos rapportés par le journal La Capitale du 21 novembre 2006). Un mois auparavant, dans un communiqué de presse du 19 octobre 2006 en réaction à l’Etat des lieux sur les centres fermés publiés par plusieurs ONG, l’Office indiquait que « les femmes avec une grossesse avancée ne sont pas enfermées dans les centres ».

Nous avons été contactés par l’avocat d’une femme angolaise détenue depuis 4 jours au centre fermé de l’aéroport de Bruxelles dit INAD (pour « inadmissibles ») alors qu’elle est en possession d’un passeport et visa valables ainsi que des moyens de subsistance nécessaires.

Cette femme est enceinte de 7 mois !

Elle doit être expulsée ce dimanche 26 novembre par un vol de la compagnie Brussels Airlines (SN 359, départ 9h55). Cette décision d’expulsion est en totale contradiction avec les toutes récentes déclarations de l’Office des étrangers et de son directeur rappelées plus haut.

A partir du moment où, comme l’admet le directeur de l’Office des étrangers, cette femme n’est pas expulsable, la seule solution qui s’impose est sa libération immédiate.

La Ligue des droits de l’Homme, le Service droit des jeunes et le MRAX demandent à l’Office des étrangers de suspendre immédiatement toute démarche en vue de l’expulsion. Et ce d’autant que la Chambre du conseil du tribunal de première instance de Bruxelles doit statuer ce mercredi 29 novembre sur la requête de mise en liberté déposée par son avocat.